Adieu Monsieur Haffmann au Petit Montparnasse

Une pièce qui parle de courage et de peur pendant l’occupation nazie dans la capitale. Et d’amour surtout. Tour à tour, le spectateur peut rire ou pleurer, et c’est sûrement ce qui fait la force de ce spectacle puissant, rythmé et très cinématographique.

Au Petit Montparnasse à partir du 12 janvier. 

Adieu Monsieur Haffman – Théâtres et Spectacles de Paris

©  Evelyne Desaux-Dumond

L’histoire

Paris, 1942. À cause de l’occupation nazie, Joseph Haffmann, bijoutier juif, propose à son plus fidèle employé de reprendre la direction de sa boutique : il pourrait s’y installer en ménage le temps que la situation s’améliore. Ce dernier répond alors avec un marché bien incongru. Se sachant stérile, il accepte à condition que son patron ait des rapports sexuels avec son épouse, pour aider le couple à avoir un enfant.

Un décor à l’élégante sobriété, une ambiance sonore délicate et un jeu de lumière subtil plongent habilement le spectateur dans l’atmosphère de Paris en mai 1942, quand le port de l’étoile jaune pour les Juifs est décrété.

L’histoire pourrait être scabreuse, étouffante, mais l’écriture et la mise en scène, d’une grande tendresse, font triompher l’amour et l’humanité. Le spectateur peut tour à tour rire ou pleurer. C’est sûrement ce qui fait la force de ce récit, très bien servi par les comédiens sur scène (Grégori BAQUET ou Charles LELAURE, Alexandre BONSTEIN, Julie CAVANNA, Franck DESMEDT, Charlotte MATZNEFF ou Salomé VILLIERS).

Adieu Monsieur Haffman – Théâtres et Spectacles de Paris

©  Evelyne Desaux-Dumond

Ce qu’en dit le metteur en scène

« L’écriture de la pièce, par sa construction dramaturgique et rythmique, peut faire penser à un scénario de film. Je pense que le Théâtre a pour devoir de proposer un langage de jeu “extraordinaire”, que ce soit au niveau de l’engagement physique et émotionnel ou de la valeur du son, des silences et du rythme. Je me retrouve tout à fait dans ce gentil reproche adressé par Anouilh à Jean-Louis Barrault : « Ce n’est pas vous mais le public qui doit pleurer ». Donc pas de complaisance émotionnelle et narcissique, pas de quatrième mur, pas de gestes qui ne servent à rien, ni d’onomatopées gratuites. Je veux une parole forte et vive qui circule à travers des comédiens puissants et généreux. Même principe pour les costumes et la scénographie : je les imagine sobres et efficaces. Je ne veux que des éléments essentiels sur scène, permettant au spectateur d’imaginer très rapidement qui sont les personnages et où ils se trouvent.» Jean-Philippe Daguerre.

Adieu Monsieur Haffman – Théâtres et Spectacles de Paris

©  Evelyne Desaux-Dumond

Jean-Philippe Daguerre : déjà quinze ans aux côtés de la compagnie Le grenier de Baboucka

Après une formation au Conservatoire national de Bordeaux et au Studio Pygmalion, Jean-Philippe Daguerre débute une carrière de comédien puis se tourne vers la mise en scène. Il dirige notamment la compagnie Le Grenier de Babouchka, créée en 2003 avec son épouse et produit de nombreux classiques qu’il met en scè-ne : “Les Fourberies de Scapin”, “Le Malade imaginaire” et “Cyrano de Bergerac” entre autres. La compagnie a triomphé dans de prestigieux théâtres parisiens mais aussi au Festival d’Avignon 2014 en présentant au Petit Louvre “La Peau d’Elisa” de Carole Fréchette, et “Cyrano de Bergerac”, spectacle qui a obtenu le Prix du Off de la révélation masculine, remporté par Stéphane Dauch. Une consécration.

Par Lola Boudreaux et Marc Belouis (HumanVibes).