Arthur Jugnot, metteur en scène, comédien, producteur et co-directeur du Théâtre des Béliers Parisiens


Le Carton, À gauche en sortant de l’ascenseur, Le fusible, Espèces menacées pour ne citer qu’elles, sont toutes des pièces à succès dirigées par Arthur Jugnot. Pour cette rentrée théâtrale, il s’attaque à un sujet d’actualité en mettant en scène le formidable roman de Baptiste Beaulieu Les 1001 vies des urgences. Ce spectacle fait du bien au corps et à la tête, et on en ressort plein d’énergie et d’espérance sur l’humanité.

Adapter au théâtre le roman à succès Les 1001 vies des urgences était une gageure. Comment avez-vous procédé ?

Nous avons d’abord vu Baptiste Beaulieu qui est l’auteur du livre, après qu’il ait eu déjà plusieurs propositions sans suite. Il avait déjà rencontré Axel Auriant en imaginant le spectacle ensemble. Effectivement ce n’était pas facile à mettre en scène. Ce sont des dizaines et des dizaines d’anecdotes qui sont vraiment arrivées aux urgences, qui sont entremêlées dans une histoire. Dans la pièce, il y a une patiente qui est en soins palliatifs et un jeune interne lui raconte plein d’histoires pour la maintenir en vie, finalement c’est un peu les 1001 nuits inversées ! On tâtonne, on réécrit avec Flavie Péan qui en a fait l’adaptation, afin de trouver le bon équilibre pour que cela soit théâtral, drôle et émouvant…

Vous avez déjà eu des témoignages du personnel médical après le spectacle ?

Plein ! Tous les jours au Festival d’Avignon des médecins, des urgentistes, des infirmiers, des infirmières qui venaient nous voir pour nous dire qu’ils avaient d’autres histoires à raconter. Ce qui est drôle, c’est qu’ils avaient tous envie de participer : « Tiens je l’ai vécu ça, bah moi j’en ai une autre». Il y a eu des échanges vraiment chouettes !

On ne peut pas rire de tout, cependant il y a beaucoup d’humour dans ce spectacle !

Alors oui…On ne peut pas rire de tout, ça c’est toujours un débat ! Mais oui, tous les médecins aux urgences vous le diront, c’est tellement dur qu’ils rient entre eux,  énormément. Ils parlent de ce qu’ils vivent parce que c’est tellement lourd à porter que c’est un exutoire, mais peut-être qu’il faut rire de façon générale sinon on angoisse trop sur la vie et la mort.

Un mot sur le comédien Axel Auriant ?

Je dirais brillant. Je l’avais découvert dans Une vie sur mesure, il est tout jeune, il a 20 ans, il joue une douzaine d’instruments, c’est un petit prodige, quoi ! Pour l’instant Axel est parfait, je pense qu’il va devenir Pierre Niney dans 3 ans, les gens vont se l’arracher. Il a une justesse, une sensibilité, pour moi c’est un coup de coeur artistique énorme !

C’est toujours rassurant d’arriver sur une scène parisienne après un triomphe au festival d’Avignon ?

Oui ! C’est certain que l’on est plus confiant quand cela fonctionne. Si l’on s’était pris un bide à Avignon, je ne sais pas si on serait venu à Paris. Là-bas nous avons joué à guichet fermé, cela veut dire qu’il y a une envie au départ. Après il faut la transformer, il faut qu’il y ait du bouche à oreille, que les gens sortent heureux.

On découvre sur l’affiche du spectacle des sparadraps qui sont très significatifs de l’actualité, c’est vous qui en avez eu l’idée ?

Nous voulions montrer que cela se passe à l’hôpital, et en même temps dédramatiser. Je le découvre en parlant avec vous, je pense que le pansement parle d’un accident, il parle d’un terme médical : le sparadrap. Et en même temps on ne met pas un sparadrap sur quelque chose de grave. On ne voulait pas faire peur aux gens, le spectacle n’est pas dur, il est beau, il est très drôle, émouvant et traité de façon légère.

Vous êtes metteur en scène, producteur, comédien, codirecteur du théâtre des béliers parisiens et vous avez aussi vécu 1001 vies !

C’est grâce à tout ça ! Déjà j’arrive doucement sur mes 40 ans, et cela fait quelques années que je fais ça. J’ai fait de la magie, j’ai monté plein de spectacles, j’ai été à Avignon…Quand on est complètement passionné, on a envie de multiplier les aventures et les expériences. Donc oui, j’ai quelques casquettes.

Et bientôt, nous allons vous retrouver sur les planches du théâtre de la renaissance ?

Eh oui, et ça c’est chouette ! Nous sommes en pleine préparation de cette pièce qui s’intitule Père ou Fils, et nous serons ici à partir du 02/10. Je joue avec Patrick Braoudé une pièce de Clément Michel, qui avait déjà écrit Le Carton, Une semaine, pas plus…C’est une comédie complètement folle sur le principe d’un « body switch ». C’est un père et un fils qui s’engueulent très fort en se reprochant plein de choses, et ils changent de corps. Ils sont obligés de trouver des solutions à cette transformation dans leur quotidien avec la femme de l’un dans le corps de l’autre, et vice versa. Ils vont devoir apprendre à s’aimer pour pouvoir avancer… Donc, c’est une grosse comédie !

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