Benoît Tachoires dans « Le Tour du Monde en 80 jours »

« Le Tour du monde en 80 jours », la comédie de Sébastien Azzopardi et Sacha Danino, enflamme le théâtre de la Tour Eiffel depuis janvier. Nous avons rencontré le comédien Benoît Tachoires, qui savoure ce nouveau triomphe (la pièce avait en effet connu 10 ans de succès ininterrompu entre 2006 et 2016).

Comment le théâtre est-il entré dans votre vie ?

J’ai voulu devenir comédien dès l’âge de 11 ans. Je me rappelle avoir été subjugué par Jean-Paul Belmondo dans Le Magnifique, où il interprète tour à tour un héros splendide et un écrivain piteux. J’ai alors eu envie de pouvoir incarner, comme lui, des personnages différents… Même si je suis resté plus proche du mec mal dans sa peau que du tombeur (rires) !

Vous nous faites beaucoup rire dans Le Tour du monde. Désirez-vous vous essayer à d’autres genres que la comédie ?

J’aime le dynamisme et le mouvement, c’est pourquoi je tiens à alterner le cinéma, la télévision et le théâtre, à Paris, mais aussi en tournée. Je suis ravi d’être passé de La Garçonnière, une comédie romantique avec une vaste équipe et des décors imposants, au Tour du monde, qui présente un fort esprit de troupe et dont l’écriture chorale offre à chacun une vraie importance.

Selon vous, qu’est-ce qui fait le succès du Tour du monde ?

L’écriture de Sacha Danino et Sébastien Azzopardi est diablement efficace, même s’il s’agit de l’une de leurs premières créations. Cette pièce est une vraie machine de guerre, au rythme savamment soutenu. On ne laisse pas les gens respirer, et c’est tout l’enjeu d’une comédie. Il faut en effet maintenir un rythme suffisant pour ne pas « perdre le rire », qui est un élément très fragile.

Quelle place pour l’improvisation ?

Il y en a, en réalité, moins que les gens ne le pensent ! Comme je le disais, il faut conserver la mécanique hautement précise du rire. C’est de l’horlogerie ! On doit donc rester le plus concentrés possible. Quelles personnalités vous inspirent ? Je suis admiratif de la liberté de Marielle, Rochefort, ou encore Blier. Ces acteurs détiennent une vérité et une justesse telles, qu’ils peuvent aller aussi loin qu’ils veulent… On y croira toujours !

Une anecdote à raconter ?

Il n’y a pas longtemps, je discutais avec un ami des technologies modernes au cinéma, notamment des évolutions en matière de qualité d’image. Il m’a dit : « C’est fou, grâce à la réalité virtuelle, on aura un jour des acteurs devant nous en 3D ! ». J’ai répondu : « Ça existe déjà depuis 2000 ans, et ça s’appelle le théâtre ! »

Pour finir, pouvez-vous partager avec nous une réplique du Tour du monde?

« On peut y aller en calèche. On peut doper les chevaux. Je sais pas, moi, on peut prendre une trottinette électrique ! »

 

Au Théâtre des Mathurins, jusqu’au 21 septembre

 

Par Sophie Geneste