Jean Marie Bigard, l’humoriste sur les planches

« Cette pièce est un diamant pur, les gens se marrent du début à la fin »

Après plus de 30 ans de carrière en tant qu’humoriste, Jean-Marie Bigard a décidé d’arrêter le seul-en-scène. Il se tourne désormais vers le théâtre. Et c’est dans une pièce de Jean Franco, « Dernier tour de piste ». Toujours avec la même gouaille et la même générosité.

Pouvez-vous nous parler de cette pièce, Dernier tour de piste et du rôle que vous interprétez…

C’est une pièce de Jean Franco que nous avons jouée plus de trente fois dans toute la France. Nous avons fait un carnage partout où nous sommes passés, d’une manière inespérée. Cette pièce est un diamant pur, sûrement l’une des meilleures de Jean Franco, qui est pourtant à l’origine de nombreux succès. L’histoire se passe dans une maison de « vieux », un EHPAD. Patrice Laffont et moi jouons deux compères qui sont très complices. C’est drôle tout le temps, car ils se moquent de leur vieillesse. Et surtout, ils vont débusquer les Thénardier que sont les tenants de cette boîte qui tapent un peu dans la caisse…

Vous partagez l’affiche avec Patrice Laffont…

C’est un ami de 40 ans et un grand joueur de pétanques ! Nous croisons souvent le fer, le dimanche matin. Nous avons reçu la pièce en même temps, nous nous sommes appelés, et il m’a dit : « si tu la fais, je la fais », et je lui ai répondu la même chose ! Sur scène, nous sommes sept comédiens et l’ambiance est merveilleuse. Nous sommes comme des gamins en colonie de vacances, et c’est un bonheur de se retrouver et de travailler ensemble. Finalement, la pièce est bonne, la troupe est bonne et l’ambiance est bonne, donc c’est tout cela qui se transmet dans la salle.

La pièce a déjà pas mal tourné en France, quel accueil du public reçoit-elle ?

Le public est ravi, les gens se marrent du début à la fin. il y a beaucoup de personnes du troisième âge qui viennent nous voir. ils nous disent : « ah, enfin une pièce pour nous ! »

Il y a de l’humour dans la pièce, c’est un peu votre marque de fabrique. C’est différent de faire rire au théâtre qu’avec des sketchs dans un one man show ?

Ça n’a rien à voir ! Par définition, lors d’un one man show, tu es seul sur scène. Si tu oublies de mettre une pelletée de charbon, le train s’arrête. Alors que là, nous sommes sept, c’est donc mille fois moins fatiguant. Nous pouvons compter les uns sur les autres.

Cette pièce traite aussi de la vieillesse, c’est quelque chose qui vous fait peur, le temps qui passe ?

Sûrement pas ! D’ailleurs, c’est une pièce qui fout la pêche aux personnes âgées. Elles se disent : on peut toujours être des petits coquins, faire des farces comme des gamins, on peut toujours s’amuser, on peut toujours rigoler. sur scène, on se rend compte que c’est l’amitié qui existe entre les personnages qui les fait tenir. C’est leur nourriture de s’amuser. Et ça, c’est très optimiste pour les gens qui viennent.

Le théâtre est finalement arrivé assez tard dans votre carrière. Comment l’expliquez-vous ?

Je n’avais pas de temps, de place pour ça. J’ai écrit 11 spectacles inédits en 33 ans de carrière, je n’ai jamais eu une minute à moi. J’ai donc rarement travaillé pour le cinéma et le théâtre. Mais depuis que j’ai annoncé que j’allais arrêter de faire des spectacles en tant qu’humoriste, je reçois une pièce de théâtre tous les mois, même davantage. J’espère en jouer certaines en 2020. J’adorerais finir ma carrière au théâtre.

Par Nadine Pernay

À l’Alhambra, du 6 juillet au 13 octobre 2019.