Main basse sur le magot

Julien Héteau et Mathilde Bourbin

Le vaudeville s’invite au Funambule

« Main basse sur le magot », la pièce désopilante d’Arnaud Cassand, nous transporte dans le Paris des années 1930 et son lot de fripouilles. Au menu : un casse tordu ponctué de répliques délicieusement fleuries. Rencontre avec Mathilde Bourbin et Julien Héteau (codirecteur du théâtre du Funambule), qui partagent l’affiche de cette comédie réjouissante.

Qu’est-ce qui vous a plu à la lecture de Main basse sur le magot ?

Mathilde : À la lecture, la pièce m’a immédiatement rappelé les dialogues d’Audiard, et tout particulièrement les Tontons Flingueurs. Ce film convoque mon enfance… l’univers de Main basse sur le magot me parlait donc beaucoup.
Julien : Quand Arnaud Cassand me l’a proposé, j’ai sauté sur l’occasion : le texte me plaît beaucoup, il est tout à fait assumé dans l’amusement. Le Funambule étant le « théâtre de tous les théâtres », c’était aussi l’occasion d’y présenter un Vaudeville, registre que l’on n’aborde pas fréquemment.

Les années 1930, un terrain de jeu particulièrement réjouissant ?

Mathilde : Absolument. Il s’agit d’une opportunité singulière de plonger dans un autre univers et voyager dans le temps. L’époque est aussi intéressante pour l’idée du glamour qu’elle véhicule. Ce sont les années 1930-1940 qui ont vu naître des icones telles que Marilyn Monroe.
Julien : Oui ! C’est un temps qui semble plus léger, où la méchanceté parait avoir des limites : même les méchants sont gentils ! Et puis il y a une certaine élégance dans les costumes, les décors, avec évidemment un argot très croustillant.

Comment avez-vous adapté votre jeu pour restituer l’ambiance de l’époque ?

Julien : Je me suis globalement laissé diriger par le metteur en scène. L’époque requiert nécessairement plus de précision dans la diction et dans la tenue : on se tient plus droit. Je n’effectue en revanche pas de travail de composition. Je joue comme si je me trouvais, moi, dans les années 1930.
Mathilde : Ce projet impliquait un travail assez différent dans la mesure où le rôle s’éloigne vraiment de moi. Les différences vestimentaires et de coiffure de l’époque amènent rapidement à composer un personnage. Pour l’accent des faubourgs parisiens, il n’a pas été difficile de le reproduire puisqu’il m’est familier depuis l’enfance. Le metteur en scène m’a parfois même incitée à l’effacer un peu, pour ne pas verser dans la caricature (rires).

Vos personnages sont tous les deux plein de surprises… et donc intéressants à travailler ?

Julien : Paul est assez naïf, fleur bleue, et fait confiance aux gens. Malgré tout, c’est un personnage plein de surprises ! Sa transformation est très intéressante à jouer, et surprend toujours le public. Elle rappelle presque le passage de l’enfant insouciant à l’adulte.
Mathilde : Loulou est un personnage très intéressant, dont le comportement change du tout au tout selon qu’elle s’adresse à Paul ou à Jo. Cela implique donc des changements de jeu importants, et rapides. Mais ce qui reste le plus prenant, c’est sans doute la création d’un personnage historique.

De Paul ou Loulou, qui est finalement le plus filou ?

Julien : La question est difficile (rires). C’est Paul je crois, mais Loulou lui a tout appris. L’élève a en quelque sorte dépassé le maître !
Mathilde : Contrairement à Loulou, Paul n’avait pas tout planifié à la base…mais il a bien retourné sa veste en usant de ses charmes pour arriver à ses fins. C’est lui le plus filou !

Par Sophie Geneste

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