Le Moulin Rouge, déjà 130 années à faire vibrer

2019 est une année d’exception pour le mythique cabaret parisien, qui fête ses 130 ans d’existence. Plus d’un siècle et trente décennies d’effervescence musicale, de création artistique et de danses lancinantes. Tout au long de son histoire, le Moulin Rouge a réussi le pari de s’inscrire parfaitement dans son temps. Témoin de la Belle-Époque, de la naissance d’Hollywood, de la libération des moeurs… Plonger dans son histoire, c’est se remémorer les petits balbutiements et les grands bouleversements de notre époque. Retour donc sur l’histoire passionnante de cette institution parisienne, dont la simple prononciation évoque aujourd’hui tout le glamour du music-hall à la française

La création du Moulin Rouge, reflet de l’insouciance de la Belle Époque

C’est en 1889 que naît le Moulin rouge, en plein coeur de la Belle-Époque, une période historique caractérisée par une grande frivolité dans la société française. Un moment charnière de l’histoire, au croisement de deux siècles, où les barrières sociales se défont grâce aux progrès industriels. Ce contexte est très propice à la création artistique. Les premiers cercles littéraires se forment, les peintres et les illustrateurs, comme Toulouse-lautrec, se retrouvent pour créer dans une ambiance légère, pleine de fantaisie. dans ce contexte d’effervescence artistique, la Butte- Montmartre est le lieu de rencontre parisien par excellence. Les sphères artistiques, bourgeoises, mais aussi ouvrières se retrouvent dans les cafés et les cabarets, attirés par les plaisirs nocturnes qui s’y trouvent. Premièrement baptisé « le premier palais des femmes », le Moulin rouge ouvre ses portes le 6 octobre 1889, justement au pied de la butte Montmartre, dans le jardin de la Reine Blanche. Le lieu est particulièrement extravagant pour l’époque : la piste de danse est immense, des miroirs sont installés partout, le tout agrémenté d’un jardin avec énorme éléphant… il est même possible de faire des promenades à dos d’âne pour amuser les dames ! cette ambiance unique attire vite le tout paris, des plus grands aristocrates aux petits gens curieux. Un brassage social et culturel symbolique de cette époque frivole de tous les possibles.

L’ère Mistinguett : l’âge d’or du Moulin Rouge

Jusqu’à la première guerre mondiale, le Moulin rouge devient un véritable temple de l’opérette, un genre musical mêlant danse, comédie et chant, inspiré de la musique classique, notamment la musique d’Offenbach. dans le même temps, apparaît une nouvelle danse particulièrement bruyante et ainsi dénommée « le cancan », au grand dam de certains puristes. de sublimes danseuses d’1m70 dévoilent gambettes en porte-jarretelles, bas noirs et froufrous, virevoltant joyeusement sur des séries de pizzicati. les spectacles s’enchaînent dans la légèreté et la bonne humeur et les bals du Moulin rouge deviennent rapidement très prisés. En 1907, une dénommée Mistinguett fait ses premiers pas sur la scène du Moulin rouge. Très rapidement son talent exceptionnel éclate au grand jour et fait d’elle l’étoile brillante du cabaret. les années Mistinguett commencent alors. la danseuse s’entiche vite de Jacques-Charles, le n°1 des revuistes de l’époque. leur relation est tumultueuse mais leur collaboration très fructueuse. cette période est aussi marquée par l’avènement de Broadway et son entrée sur les scènes parisiennes. le tandem « New York – Montmartre » est créé au Moulin rouge, avec en tête d’affiche, les Dolly Sisters, Rosy et Jenny, les deux premières jumelles de l’histoire du Music-hall. dans le même temps, le French cancan continue à faire tourner les têtes dans la salle du Bal, au sous-sol. Le talentueux Gesmar, du haut de ses 20 ans, devient le plus jeune maître costumier de l’histoire du cabaret. ces dessins et maquettes, très épurés, sublimes, lance une tradition d’exception dans le design des costumes du cabaret.

De la guerre au plus grand cabaret français

Après le départ de Mistinguett, en 1929, plus rien ne sera comme avant… c’est la fin de l’âge d’or. Le cinéma fait de l’ombre aux grandes revues, la salle de bal se transforme en night-club ultra moderne et perd son premier souffle. Bien sûr, en 1939, la seconde Guerre Mondiale s’accompagne d’une baisse de fréquentation évidente : il est mal vu de s’adonner aux plaisirs de la nuit sous domination allemande. il faudra six ans après la guerre pour que le Moulin rouge retrouve de sa superbe. le 22 juin 1951, Georges France dit Jo France, fondateur du Balajo, acquiert le Bal du Moulin rouge et se lance dans des travaux titanesques pour redonner vie à l’établissement. Les soirées du cabaret font leur retour en grande pompe. En 1959, petite révolution, des cuisines sont installées… Le « dîner-spectacle » du Moulin rouge devient alors une véritable attraction de la capitale. Cette formule plaît beaucoup et attire de plus en plus les touristes étrangers, désireux de vivre au plus près la tradition française du music-hall. Au fil des années, des débutants plein d’avenir et des vedettes prestigieuses se retrouvent en haut de l’affiche du cabaret : Charles Trenet, Charles Aznavour, Line Renaud, Bourvil, Roger Pierre et Jean-Marc Thibault, Fernand Raynaud… en 1962, Jacki Clérico, reprend le cabaret alors que le Moulin rouge a déjà repris sa place légendaire. Pour ses spectacles, il lance la tradition des titres en F : les revues Froufrou, Frisson, Fascination, Fantastic, Frénésie… s’enchaînent jusqu’à l’inoubliable Formidable, la revue du centenaire, qui a enchanté le public pendant plus de 10 ans. Aujourd’hui c’est la revue Féérie qui perdure, avec toujours autant de charme et d’excellence

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