Romain Trouillet, Habilleur d’images au théâtre

Il est le jeune (et brillant) compositeur derrière les bandes originales de nombreuses pièces à succès telles qu’Edmond, Le Cercle des Illusionnistes (Alexis Michalik), La Machine de Turing (de Benoît Solès) ou encore Piège pour Cendrillon (adaptée du roman de Sebastien Japrisot et mise en scène par Sébastien Azzopardi). Dans un bouillonnant café du 10ème arrondissement, Romain, amène et passionné, s’est attardé sur ses premières expériences, ses projets actuels et à venir. Retour sur un échange enthousiasmant.

Un premier souvenir marquant avec la musique ?

Le réel déclencheur est une sortie avec ma classe de musique du collège, au cours de laquelle nous avons vu une symphonie de Beethoven. J’ai trouvé que l’orchestre relevait de la magie… l’énergie sonore m’a profondément bouleversé : ma vocation était assise !

En composant des BO, vous habillez des images. le rapport de la musique à l’image vous a toujours intéressé ?

Je me suis d’abord intéressé à la composition avant le rapport à l’image. Très vite, au piano, j’ai aimé transformer les pièces classiques. progressivement, mon goût pour l’exercice créatif s’est imposé. au lycée, je me rendais en auditeur libre à une classe de cinéma. J’y ai découvert, avec un regard de musicien, des grands classiques comme les Hitchcock qui m’ont fasciné. aujourd’hui je travaille presque essentiellement à habiller les images au théâtre et au cinéma.

Comment procédez lorsque vous avez à composer pour une pièce de théâtre.

Il semble qu’à chaque projet soit associée une approche différente ! pour La Machine de Turing, j’ai travaillé à la reproduction du son de la machine. ce cliquetis a fini par incarner le tempo de la musique. pour ce qui est d’Edmond, il existait une contrainte forte : celle de faire ressentir l’époque tout en insufflant une certaine modernité. afin de figurer les débuts d’Edmond, qui est jusque-là un auteur désuet, j’ai initialement cherché des sonorités passées chez Beethoven ou Mozart. Mécontent du résultat, j’ai préféré m’inspirer d’époques non pas antérieures mais postérieures à celle de Rostand, avec notamment des compositeurs comme Ravel, Debussy et Stravinsky. Quant à Piège pour Cendrillon, je me suis inspiré des ambiances de David Lynch.

Comment dialoguez-vous avec les différents metteurs en scène ?

Certains metteurs en scène comme Alexis Michalik me font parvenir leur texte où figurent déjà des indications très précises quant aux parties musicales et leur placement. Tristan Petitgirard, en connaisseur, me présente également des idées abouties et un cahier des charges très défini. D’autres, comme Sébastien Azzopardi me demandent de tester les musiques pendant que l’on déroule la pièce, dans une approche plus expérimentale.

Quel est votre son préféré ?

Celui que je ne connais pas encore ! depuis toujours, je suis en quête d’un instrument que personne n’aurait l’idée d’utiliser dans la musique à l’image, afin de me constituer une signature. Je collectionne les instruments de musique en tout genre…il y a trois semaines, j’ai notamment acheté un hautbois baroque (rires)…

Quels projets à venir ?

Je travaille en ce moment sur Libres, un film de Gabriel le Bomin sur de Gaulle, avec Isabelle Carré et Lambert Wilson. En parallèle, je travaille avec le mentaliste Viktor Vincent, pour son spectacle Mental Circus. On m’a également confié la musique de Plus haut que le ciel de Julien Lefebvre, une pièce sur la création de la Tour Eiffel, et Père ou Fils de Clément Michel avec Patrick Braoudé et Arthur Jugnot. enfin, en octobre débutera une tournée de 60 dates avec Renan Luce, pour qui j’ai réalisé les arrangements et l’orchestration de onze nouveaux titres.

Agence Gloria

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