Tempête en juin, l’adaptation du roman d’Irène Némirovsky

Franck Desmedt incarnera, seul en scène, une quarantaine de personnages. 

« Hier, pour la première fois, des bombes sont tombées sur Paris ». Ainsi commence la pièce « Tempête en Juin », adaptation du roman le plus déchirant et inachevé d’Irène Némirovsky, traitant de l’Occupation allemande. Retrouvez au théâtre de la Bruyère cette émouvante pièce adaptée et mise en scène par Virginie Lemoine et Stéphane Laporte.

Paris, 1940

Voyageons dans le temps : nous sommes le 3 juin 1940… Paris a été bombardé et, en quelques heures, les habitants désertent la capitale. Ils fuient. Ils s’entassent dans des véhicules bondés. Ils traînent leurs valises, espérant se hisser dans les rares trains blindés de voyageurs. Ils partent à pied, emportant les maigres bagages de toute une vie. Quelques privilégiés se glissent dans des limousines conduites par leurs chauffeurs. Peu importe qui ils sont, de quelle classe sociale ils viennent, tout le monde fuit, car la guerre et la mort n’épargne personne. Les personnages de Tempête en juin s’entrechoquent sur les routes de l’exode. L’oeil d’Irène Némirovsky, lauréate du prix Renaudot, observe et dissèque l’âme humaine sans le moindre compromis, avec sagacité, truculence, empathie et humour.

Irène Némirovsky

Romancière franco-russe, issue d’une famille juive fortunée, Irène Némirovsky est née à Kiev le 11 février 1903. Auteure à succès dans la France des années 1930, elle est la seule écrivaine à qui le prix Renaudot a été décerné à titre posthume, en 2004, pour son roman inachevé Suite française. Ses romans, assez courts, relèvent d’un réalisme satirique. Elle fait de la compréhension des êtres sa priorité, autour de trois thèmes récurrents : le conflit mère-fille, la droite corrompue de l’entre-deux-guerres et enfin l’affairisme auquel sont poussés, par ambition, des personnages juifs plus ou moins stéréotypés par les antisémites. « Comment la vie a-t-elle cessé tout à coup d’être quotidienne ? », se demande Irène Némirovsky, lorsque ses parents, fuyant la révolution russe, s’installent à Paris. Sa vocation s’affirme précocement. Après le succès de David Golder en 1929, elle ne cesse plus d’écrire, tant par passion que par nécessité financière. Elle tarde à se rendre compte que ni son amour pour la France, ni sa place dans le paysage littéraire ne la préserveront des lois anti-juives du régime de Vichy et de l’occupant allemand : arrêtée en juillet 1942, elle meurt du typhus après quelques semaines de détention à Auschwitz.

Franck Desmedt

Comédien virtuose, il s’est déjà illustré dans plusieurs monologues, dont La promesse de l’aube et Voyage au bout de la nuit. En 2018, il remporte le Molière du meilleur comédien dans un second rôle pour Adieu monsieur Haffmann. Cet homme polyvalent est aussi, depuis trois ans, le directeur du Théâtre de la Huchette. Pour Tempête en juin, Franck Desmedt incarnera, seul en scène, une quarantaine de personnages, héroïques ou lâches, baroques ou simples, mais tous très profondément familiers et humains. Des récits indépendants, mais qui constituent un seul et unique témoignage : celui de l’exode et d’une France déchirée par la guerre.

Par Sandra Jabalera

Au théâtre de la Bruyère, à partir du 10 septembre