L’AFFAIRE BUCKINGHAM
Interview • Festival Off d’Avignon 2026
L’Affaire Buckingham
Une comédie musicale presque historique
Avec L’Affaire Buckingham, Sophie Jolis revisite les grands personnages de l’Histoire de France dans une comédie musicale décalée, burlesque et parfois irrévérencieuse.
Par Mélina Hoffmann
Pourquoi une comédie musicale « presque » historique ?
C’est l’histoire des Ferrets de la reine et des Trois Mousquetaires de Dumas, très largement revisitée et réadaptée en version décalée, avec beaucoup de burlesque, de fantaisie, d’anachronismes et de liberté.
On a un fond d’Histoire de France bien réel : Louis XIII délaisse la reine, Marie de Médicis complote, Richelieu manigance, Buckingham aurait séduit Anne d’Autriche… Mais le spectacle dérape en farce.
Jean-Philippe Azéma, le metteur en scène, dit souvent que c’est « du Racine sous amphétamines » !
C’est un vaudeville assumé avec des rideaux qui claquent et un côté forcément un peu grivois, mais qui reflète aussi la réalité de l’époque.
Le public rit beaucoup, parce que ce mélange est inattendu !
La pièce est écrite en alexandrins et ponctuée de chansons très modernes. Comment est né ce mélange ?
C’est un peu ma signature. J’avais déjà écrit une pièce en alexandrins il y a une quinzaine d’années, avec beaucoup de blagues et de jeux de mots, et ça avait très bien marché.
En travaillant sur Dumas, je me suis dit : pourquoi ne pas reprendre cette idée ?
On est dans une époque proche de Corneille et Racine, avec des costumes et des perruques d’époque conçus par une costumière qui travaille pour l’Opéra, mais ici les alexandrins sont traversés par des anachronismes, du vocabulaire d’aujourd’hui, parfois familier.
C’est ce qui donne ce côté très croustillant. Les chansons, chantées en direct, prolongent ce décalage avec des styles variés : pop rock, Bollywood, cha-cha, parodie de chansons d’amour à la Disney…
Le public rit beaucoup, parce que ce mélange est inattendu !
Quel personnage a été le plus jubilatoire à écrire ?
Anne d’Autriche, parce qu’elle est passionnée de méditation et cherche tout le temps son zafu, son petit coussin.
Elle parle avec un accent espagnol et essaie de juguler toutes ses pulsions, tous ses manques affectifs, grâce à la méditation, ce qui la rend très drôle.
Richelieu aussi était amusant à écrire, parce qu’il mange un peu à tous les râteliers, complote avec tout le monde, manigance et manipule.
Et comme c’est un personnage du clergé, cela crée forcément des situations cocasses.
Pourquoi venir voir L’Affaire Buckingham à Avignon ?
Pour passer un moment original, léger, complètement décalé. C’est un grand délire, une comédie déjantée et burlesque, portée par une formidable énergie de troupe.
C’est un véritable tourbillon ! On est cinq sur scène, mais on joue tous deux rôles, avec des changements de costumes très rapides, des coups de théâtre, beaucoup de complicité et une bonne dose d’irrévérence.
Infos pratiques
L’Affaire Buckingham
Théâtre des Corps Saints
Du 4 au 25 juillet
Relâche les 9, 16 et 23 juillet




