SARINA dans « LEVE-TOI »
La force du chant
Vibrant hommage aux grandes voix féminines du monde, Sarina démontre que la musique peut tout. Découvrez ce que le chant a transformé chez cette jeune artiste belge à l’énergie dévorante.
Qu’est-ce qui vous a motivé à monter ce spectacle ?
En 2022, j’ai reçu le prix de la femme inspirante de l’année en art et culture de l’organisation WYDE. Cette distinction m’a non seulement surprise mais surtout profondément touchée. Cela m’a amenée à réfléchir à mes propres inspirations et c’est ainsi qu’a germé l’idée de ce spectacle.
Comment avez-vous sélectionné les artistes que vous interprétez dans le spectacle ?
Ce fut un long travail car je ne voulais pas simplement choisir des artistes parce que j’aimais une chanson ou une autre. Je
voulais célébrer des chanteuses qui avaient un combat, un vrai engagement ; je voulais aussi des femmes qui n’avaient pas attendu d’accéder à la postérité pour oser s’exprimer. J’ai beaucoup lu, j’ai fait des recherches sur chacune d’elles et puis il a fallu choisir… et ce n’était pas simple (rire). Au bout du compte j’ai gardé toutes celles qui ont eu un vrai impact sur notre réalité (et j’en ai encore quelques-unes que je mettrai peut-être en lumière plus tard). Ce n’est qu’une fois la sélection faite que j’ai cherché (sous le conseil bienveillant de Tania Garbarski et Charlie Dupont) à trouver des liens avec mon histoire personnelle. Étonnamment j’y suis arrivé, parfois via une petite anecdote, parfois grâce à leur message ; c’est ça que je raconte dans Lève-toi.
Selon vous, quel est le pouvoir de la musique et du chant ?
Comme je le raconte dans mon spectacle, la musique a été pour moi la première clé pour oser sortir de la boîte dans laquelle j’avais peur qu’on m’enferme. Elle m’a permis de me sentir femme, artiste et aussi utile. Un des moments les plus forts pour moi est quand un spectateur ou un fan me dit que ma musique le touche et lui fait du bien. Oui, je pense que la musique peut aider à se sentir mieux, à guérir parfois. D’une manière générale je pense que la musique a le pouvoir de
réunir et fédérer les gens ; c’est ce que je raconte dans mon spectacle, par exemple lorsque les Sud-Américains chantent
« Gracias a la vida » pour lutter contre les injustices ou que les Libanais de tout bord écoutent Fairuz alors que la guerre
fait rage.
Quel est votre rapport avec la musique au quotidien ?
Je crois que j’ai toujours chanté ; dans le spectacle je raconte que c’est ma grand-mère qui m’a appris le piano à l’âge de 4 ans, mais mes parents me rappellent souvent qu’à l’âge de 2 ans j’ai voulu participer à une fête de fin de camps scout, et je me suis mise à chanter devant 50 personnes ! La musique me porte et m’accompagne, j’ai fait du solfège, du piano et puis le conservatoire de chant lyrique à Valenciennes. J’ai également un master en musicologie. Je joue et chante presque tous les jours et j’écoute de tout, je suis une grande amatrice de découvertes musicales.
Votre chanson préférée du spectacle ?
Je les aime toutes et cela peut varier d’un soir à l’autre, mais l’un de mes moments préférés est « We shall overcome » de Joan Baez car c’est un moment où je fais chanter le public, ce moment de communion où nous sommes tous à Woodstock est pour moi l’occasion de ressentir l’ambiance de la salle, qui est différente à chaque fois.
Avez-vous des doutes ?
Tout le temps (rire) ! Je l’illustre d’ailleurs dans le spectacle… C’est parfois pesant (surtout pour mon équipe qui doit souvent me rassurer) mais je pense qu’il vaut toujours mieux en avoir… Avant de jouer je me demande si le spectacle sera bien reçu, s’il sera à la hauteur des messages que j’essaye de faire passer. Ce trac me permet aussi de garder les pieds sur terre et de rester humble et j’espère authentique. J’ai fini par accepter que je dois vivre avec mes doutes, leur laisser la possibilité d’exister, tout en gardant le cap que je me suis fixé. J’en profite pour remercier le public car je perçois les retours qu’il me donne et qui me permet de renforcer la confiance que j’ai en moi…
Jusqu’au 21 mai, à l’Essaïon
Par Lola Boudreaux