Le jeu de l’amour et du hasard : Les années folles
Le comédien Thomas Dary et son équipe revisitent la célèbre pièce de Marivaux en plongeant ses personnages au cœur des Années Folles.
Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous attaquer à ce Marivaux après avoir travaillé Molière, Feydeau, Guitry ?
Je n’avais jamais travaillé cet auteur auparavant, et c’est une pièce qui m’a beaucoup plu et fait rire. Le texte est très intemporel, avec des touches de féminisme, une certaine légèreté aussi. Il résonne fort avec notre époque, Marivaux y parlait déjà de liberté, d’égalité, de peur de s’engager…
Pourquoi avoir eu envie de transposer l’œuvre dans les Années Folles ?
C’est un projet assez novateur car l’idée était de donner une respiration nouvelle à un classique. Je voulais donner à la pièce une autre dimension, et un ami m’a suggéré l’idée de la situer dans les Années Folles, à cette époque où les femmes ont commencé à prendre plus de place, de responsabilités, d’indépendance.
J’ai aimé l’idée, j’en ai parlé à des comédiens avec lesquels j’avais envie de travailler, ils ont été emballés et se sont impliqués dans le projet avec beaucoup de panache et de plaisir. Les Années Folles ont permis d’apporter un effet bulles de champagne à la pièce avec les costumes trois-pièces, le Charleston, les robes un peu courtes, les perruques, l’insouciance… Chacun a apporté sa pièce à l’édifice, sa fraîcheur. Je suis vraiment très fier de ce travail d’équipe.
Vous interprétez aussi le rôle de Mario dans la pièce. Était-ce une évidence ?
Non, ce n’était pas du tout prévu ! Je n’étais censé faire que la mise en scène de la pièce, mais l’un des comédiens prévus a quitté le projet et je me suis retrouvé dans ce rôle, qui est l’un de mes préférés parmi tous ceux que j’ai joués. Je lui ai donné une certaine insolence, à la Sacha Guitry, sans en faire un personnage détestable. Il est cynique, et on s’aperçoit que c’est quelqu’un qui déplace ses pions, car c’est un peu une partie d’échecs Le jeu de l’amour et du hasard. C’est ce qui donne aussi cette ambiance à la fois mystérieuse et légère.
Qu’est-ce qui, dans cette version, touche autant le public ?
C’est une pièce qui parle à tout le monde, des personnages qui parlent à tout le monde. Il y est question des progrès sociaux, de la vision de la femme dans la société, du rapport entre maîtres et valets… On est à l’après-guerre, dans une période d’insouciance où l’on observe une certaine évolution de la gent féminine qui est intéressante à exploiter, ce que les deux interprètes féminines, Aurore Mazières et Ophélie Charpentier, font d’ailleurs de manière remarquable, aux côtés des non moins excellents Charles Derondel, Philippe Godin et Christopher Caulier. C’est un classique qui n’est pas pompeux et, surtout, ce qui triomphe vraiment c’est l’amour. C’est pétillant, ça donne du baume au cœur, c’est joué avec une grande sincérité, et les gens rient beaucoup ! Il y a même de la danse et des claquettes… On a un bonheur fou avec ce spectacle !
Le jeu de l’amour et du hasard, à partir du 7 janvier 2026 à La Scène Parisienne.
Mélina Hoffmann
© Photos : Être prod & Fabien Legeron




