Entretien avec JeanFi Janssens pour Tombé du Ciel

Jeanfi Janssens marque son retour au one-man show avec son nouveau spectacle,Tombé du Ciel!
Devenu comédien et chroniqueur en plus d’être l’humoriste, cet artiste qui a su garder les pieds bien sur terre nous raconte la quasi-normalité d’une vie dans le show-business, ponctuant son récit de personnages hauts en couleur et d’histoires aussi drôles que touchantes. De l’humour avec le cœur !

Après le succès de votre premier spectacle, de la pièce Un couple magique et de votre présence aux Grosses Têtes, quand avez-vous senti qu’il était temps de créer un nouveau spectacle ? Quels étaient vos défis et vos envies pour Tombé du Ciel ?

Après mon premier spectacle, j’aurais dû rapidement écrire le second en théorie. Mais la pièce Un couple magique de Laurent Ruquier m’a entraîné vers le théâtre, et nous avons eu la joie de connaître un vrai succès. Quand je suis revenu à l’écriture, la page blanche et la pression du second spectacle m’ont fait peur : je craignais de me répéter et de ne plus avoir les codes du one-man show. Mais je me suis souvenu que le premier spectacle avait permis au public de me découvrir ; celui-ci serait l’occasion qu’il me connaisse vraiment.
J’ai donc choisi de me dévoiler davantage, en abordant mes peurs, mes croyances, mon éducation chez les bonnes sœurs, mes fantasmes, la notoriété, mes déboires sentimentaux et médicaux, toujours avec humour et autodérision.

Vous dites que ce spectacle est plus intime. Qu’avez-vous osé raconter cette fois-ci que vous n’aviez pas partagé auparavant ?

J’ose parler de mes déboires médicaux : je suis comme tout le monde à ce sujet ! Je parle du transfert que j’ai fait sur ma chatte, qui me suis même jusqu’en tournée. J’en parle pendant le spectacle, je lui prête des intentions et parfois même, je l’amène sur scène avec moi ! Je parle des gens qui m’entourent : je joue ma mère, mes anciens professeurs, les bonnes sœurs chez qui j’ai été éduqué.

C’est une douce caricature que je fais des gens que j’ai rencontré dans ma vie. Chacun pourra y trouver un écho de ses propres expériences. Enfin, j’ose parler de la solitude et des dessous du monde du showbiz.

 

Effectivement, vous racontez souvent le choc entre le monde du show-business et celui d’où vous venez. Qu’est-ce qui vous surprend encore aujourd’hui dans ce “nouveau monde” malgré sept ans passés sous les projecteurs ?

Ce qui m’étonne toujours, et que j’avais envie de raconter, c’est que les gens du showbiz ne sont finalement pas si différents. Moi non plus, je n’ai pas changé : j’ai eu une vie avant et je reste très ancré dans une réalité simple, grâce à mon entourage. Bien sûr, je vois parfois des inepties, des gens un peu hors-sol… Mais je croise aussi des personnes qui m’éclairent, comme Laurent Ruquier ou Karine Lemarchand.

Ils m’aident à comprendre les rouages, car ils ont aussi des origines modestes et sont passés par ce chemin avant moi. Et ce qui me touche le plus, c’est de voir ces deux mondes se rencontrer, notamment à travers les yeux de mes parents. J’adore voir les gens s’enthousiasmer devant la féerie du showbiz.

 

Vous avez fait une tournée internationale, jusqu’aux États-Unis notamment. Vous avez voyagé à travers le monde comme steward dans une première vie. Quel effet cela vous a-t-il fait de parcourir le monde comme humoriste, dans cette seconde vie?

C’était génial ! Dans chaque ville, j’avais une anecdote à raconter sur ma vie de steward. Être attendu outre-atlantique pour jouer mon spectacle était incroyable. Surtout dans des endroits mythiques et symboliques : jouer à New York sur Broadway ou à Los Angeles, c’était quelque chose. Et puis, à l’aller comme au retour, les équipes des vols Air France m’ont réservé un accueil formidable et sont même venues me voir jouer le soir même à chaque fois. Tout ça m’a donné un sentiment d’accomplissement : mes deux vies réunies, la boucle était bouclée.

 

Votre metteur en scène, Eric Théobald, vous décrit comme le digne héritier de Bourvil, capable de naviguer entre rire et émotion. Comment avez-vous travaillé cette dimension plus poétique et sensible dans Tombé du Ciel ? Comment s’est construite votre collaboration avec lui ?

C’est Éric qui m’a poussé vers quelque chose de plus intime : il a senti cette faille tendre en moi. Je termine d’ailleurs le spectacle en chantant La Tendresse de Bourvil, comme un clin d’œil à lui et à Laurent Ruquier, pour qui cette chanson a aussi une résonance.

J’avais envie de glisser quelques références personnelles. Au fond, j’ai toujours eu cette capacité à doser le rire et l’émotion, à parler de choses graves en faisant sourire. Connaissant le travail d’Éric, je savais qu’on ferait quelque chose de fort, même si je résistais un peu au début car je ne savais pas trop où il allait (rires). Je me suis laissé guider, et j’en vois aujourd’hui les fruits : beaucoup de spectateurs me disent que le spectacle est très tendre.

 

Votre public est très large et vos thèmes – la famille, les racines, l’identité – parlent à beaucoup de monde. Comment vivez-vous ce lien avec le public ?

Avant d’arriver aux Grosses Têtes, j’étais peu connu et j’ai été un peu catapulté de nulle part : en deux émissions, tout a changé. Les gens ne connaissaient que ma voix, pas mon visage, et pourtant le public a immédiatement suivi. Avec ce second spectacle, je vois ce public s’élargir : familles, ados, couples gays, mais aussi ceux de la première heure. Leur point commun, c’est l’authenticité. Je le suis sur scène, alors ils le sont aussi, naturellement. Et ça me rend très heureux !

 

Après plus de 180 représentations de Tombé du Ciel, comment continue-t-on à être surpris, touché, et ému par le public soir après soir ?

Je fais du spectacle vivant : je joue mon spectacle depuis 2 ans, au début il faisait 1h10, aujourd’hui il fait 1h40. Il a évolué : j’ai ajouté certains passages suite à ce que j’ai vécu, j’ai enlevé certains passages car je ne croyais plus en ce que je racontais, je parlais d’actualités qui sont passées, ma sœur se plaint que je ne parle pas d’elle, alors je parle d’elle : bref le spectacle est meuble ! Si les gens sont déjà venus, ils peuvent revenir sans crainte : ils ne reverront pas deux fois le même spectacle. 

Du 12 au 15 février 2026, au Théâtre de La Madeleine.

 

Reservations : www./www.theatre-madeleine.com/ et points de ventes habituels

Par Caroline Guillaume

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