Generation Barber
Qu’est-ce qui vous a donné envie de mettre en scène “Génération Barber” et qu’est-ce qui vous a touchée dans l’univers du Barber Shop Quartet ?
Ayant jadis découvert les précédentes créations du Barber Shop Quartet, j’aimais beaucoup leur état d’esprit festif et décalé. J’avais déjà mis en scène des spectacles musicaux, et cela m’avait toujours beaucoup plu. Ce qui me touche dans l’univers Barber Shop, c’est le côté bon enfant et clownesque, mais qui mine de rien soulève des sujets de société. La performance vocale aussi, le sens du rythme. Tout cela donne des spectacles très joyeux.
Le spectacle aborde les conflits de générations avec humour. Comment avez-vous souhaité traiter ce thème pour qu’il parle au plus grand nombre ?
Dans le groupe, il y a deux anciens membres, Marie-Cécile et Xavier deux nouveaux, plus jeunes en âge, Clémence et Guillaume. De là m’est venue l’idée de conflit de générations. Les anciens s’accrochent à ce qu’ils connaissent, avec leurs codes et leurs normes, et les nouveaux ont envie de dépoussiérer tout ça. C’est le reflet de nos sociétés. Petit à petit, la nouvelle génération prend le pouvoir, et cela ne se fait pas sans souffrance ni cahot. Mais j’aime les histoires qui se terminent bien, et tous vont finalement trouver une sorte d’harmonie et de respect… J’ai désiré traiter ce thème avec humour parce que c’est l’esprit du Barber Shop Quartet et aussi car je ne sais pas faire autrement. L’humour, le second degré, permet de faire passer sur scène toute forme de cruauté, de lâcheté, de conflit sans que cela devienne monstrueux ou offensant. C’est vraiment un spectacle tout public car toutes les générations s’y retrouvent et le côté clownesque de certaines situations amuse beaucoup les plus jeunes (et les plus vieux aussi d’ailleurs !).
Comment avez-vous travaillé avec les interprètes pour façonner des personnages justes et attachants, tout en préservant l’énergie comique du spectacle ?
Les interprètes sont avant tout des chanteurs et j’ai beaucoup insisté sur le travail d’acteurs. Pas de crédibilité des personnages sans justesse d’interprétation. Le personnage de vielle dame de Marie-Cécile, par exemple, ne s’était exprimé jusque-là qu’à travers le chant. Mais lui donner la parole a ajouté une autre dimension au spectacle. Ce ne sont plus exclusivement des chanteurs amusants, mais de vrais personnages avec des émotions, des failles, des tendresses et des colères. Et c’est bien sûr ce qui les rend attachants et qui donne plus de puissance au spectacle.
Que souhaitez-vous que le public retienne avant tout de cette expérience théâtrale, entre comédie, émotion et réflexion ?
Je souhaite avant tout que le public passe un bon moment, qu’il se distraie, s’amuse et rit. C’est un spectacle de divertissement. Et si en plus nous faisons passer des messages, tant mieux. La conclusion qu’on peut en tirer, c’est qu’effectivement, les jeunes générations qui arrivent avec des idées nouvelles ont envie de tout chambouler, et c’est bien. Mais c’est mieux si cela se passe dans le respect de ceux qui étaient là avant, en les incluant. Enfin, dans un monde idéal…





