Et pendant ce temps Simone Veille – Les dernières représentations
Et pendant ce temps, Simone veille !
Un féminisme vivant et populaire
Par Mélina Hoffmann
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À la Comédie Bastille, « Et pendant ce temps, Simone veille ! » vit ses dernières représentations. Après plus de dix ans de succès, le théâtre musical féministe continue de mêler humour, chansons et mémoire des luttes féminines avec une énergie intacte. À travers quatre générations de femmes, la pièce traverse plusieurs décennies de combats, entre transmission familiale, évolution des mentalités et conquêtes sociales, sans jamais perdre sa légèreté.
Quatre générations de femmes sur une même scène
On pourrait croire, en découvrant Et pendant ce temps, Simone veille !, qu’il s’agit simplement d’une comédie vive et bien menée sur l’histoire des femmes. Il y a de ça, bien sûr : des chansons, du rythme, des changements d’époque, des personnages hauts en couleurs. Mais très vite, le spectacle prend une autre dimension.
À mesure que les scènes s’enchaînent, ce qu’il raconte dépasse largement le simple rappel historique. Il est question d’héritage, de liberté, de tout ce qui se transmet d’une génération à l’autre sans toujours se dire.
À la Comédie Bastille, cette comédie musicale féministe poursuit ses dernières semaines avec une énergie intacte. Après des années de succès et plus de 1800 représentations, elle n’a rien perdu de sa force. Sans doute parce qu’elle touche à quelque chose de très concret : la mémoire des combats menés par les femmes, et tout ce qu’ils ont changé dans la vie quotidienne.
Sur scène, quatre générations se succèdent et se répondent, de l’après-guerre à aujourd’hui. Les décennies passent, les mentalités évoluent, les habitudes changent, mais une même interrogation demeure : qu’a-t-il fallu conquérir pour en arriver là ?
De la lutte pour l’avortement à la liberté de disposer de son corps, en passant par la procréation médicalement assistée : la pièce traverse plusieurs décennies de droits féminins à travers des scènes de la vie ordinaire, des transmissions familiales, des colères, des espoirs et des contradictions aussi.
Derrière ces combats, elle parle aussi de corps, de liberté, de désir, de famille et de place dans la société. Et tout cela sans jamais prendre un ton moralisateur.
DERRIÈRE CES COMBATS, ELLE PARLE AUSSI DE CORPS, DE LIBERTÉ, DE DÉSIR, DE FAMILLE ET DE PLACE DANS LA SOCIÉTÉ. ET TOUT CELA SANS JAMAIS PRENDRE UN TON MORALISATEUR.
Quand l’humour ravive la mémoire des combats
Et, au milieu de cette traversée faite de chansons et de situations souvent drôles parfois tendres, parfois plus grinçantes, Simone vient rappeler les dates-clés et remettre l’Histoire dans l’histoire intime des personnages.
Le procédé fonctionne très bien, parce qu’il permet au spectacle de garder sa légèreté tout en soulignant l’essentiel : ces droits que l’on croit parfois définitivement acquis sont le fruit de combats récents, fragiles, et profondément incarnés.
Il rappelle aussi que le chemin reste long vers une véritable égalité entre les femmes et les hommes.
EN RÉUSSISSANT À FAIRE COHABITER LE RIRE ET LE SÉRIEUX DU FOND, ET PENDANT CE TEMPS, SIMONE VEILLE ! S’ADRESSE AINSI À TOUS LES PUBLICS ET DÉMONTRE QUE L’ON PEUT TRANSMETTRE, ÉVEILLER LES CONSCIENCES ET ÉMOUVOIR EN PASSANT PAR LE PLAISIR DU JEU ET LE RIRE.
En réussissant à faire cohabiter le rire et le sérieux du fond, Et pendant ce temps, Simone veille ! s’adresse ainsi à tous les publics et démontre que l’on peut transmettre, éveiller les consciences et émouvoir en passant par le plaisir du jeu et le rire.
Un mélange qui fait sa force et qui explique sans aucun doute la longévité de cette pièce généreuse, portée par une vraie énergie, et toujours aussi actuelle.
Un au revoir chargé d’émotion
Alors que Et pendant ce temps, Simone veille ! s’apprête à vivre ses dernières représentations après plus de dix ans à l’affiche et plus de 1800 soirées partagées avec le public, difficile de ne pas penser au chemin parcouru.
Depuis 2015, le spectacle accompagne les spectateurs avec la même envie de raconter, de transmettre et de faire rire autour des combats féminins.
Saison après saison, il s’est installé presque discrètement dans le paysage théâtral parisien, devenant un rendez-vous auquel on revenait, parfois avec une nouvelle génération à ses côtés.
Ces ultimes dates ont ainsi des airs d’au revoir collectif : celui d’une équipe fidèle à son énergie d’origine, et d’un public qui, au fil des années, a fait vivre cette histoire bien au-delà de la scène.

Jusqu’à fin juillet




