Le Bourgeois Gentilhomme des temps modernes !
Anissa Allali et Francis Bonela revisitent ce grand classique de Molière dans une version urbaine inédite. Un projet audacieux et généreux dont l’ambition est de partir à la conquête de tous les publics.
Comment est née l’envie de rendre ce Bourgeois Gentilhomme urbain ?
Anissa Allali : L’envie était d’abord celle de travailler avec des comédiens qui n’avaient pas eu accès au théâtre et n’avaient jamais joué de textes classiques. Je voulais sortir de l’idée que le répertoire classique est quelque chose d’élitiste, car la langue de Molière appartient à tout le monde. On a donc voulu une adaptation plus urbaine à la fois dans son contexte, sa mise en scène et son style, puisque notre Bourgeois Gentilhomme à nous se passe de l’autre côté du périphérique. Le projet est né dans le cadre de mon atelier de coaching d’acteurs, puis il a grandi !
Francis Bonela : Cette comédie de Molière s’est imposée car tout le monde la connaît et il y a beaucoup de parallèles à faire avec notre époque. On voulait une adaptation qui nous ressemble et donne l’impression que le texte a été écrit en 2025, avec des questions sociales qui sont d’ailleurs toujours très actuelles.
Comment ces deux temporalités cohabitent-elles sur scène ?
AA : Ma vision théâtrale s’est mêlée à celle, plus cinématographique, de Francis pour ancrer l’histoire dans notre époque : costumes inspirés de la jeunesse d’aujourd’hui, décor urbain avec tags et maillots de foot, références à la pop culture et musique aux influences hip-hop, pop et turques.
FB : Le texte est complètement respecté, mais on a mis de la modernité dans le phrasé qui est celui de la vie de tous les jours, avec ses ellipses, ses raccourcis.
Qui avez-vous envie de toucher ?
FB : Tout le monde ! On est fiers d’avoir un public qui nous ressemble et qui rassemble ! Car on a aussi bien dans la salle des jeunes que des seniors, des habitués et des personnes qui ne sont parfois jamais venues au théâtre : preuve que le classique peut toucher tout le monde, sans distinction. Je veux qu’en voyant l’affiche les gens puissent se dire : c’est possible ! C’est une porte à la fois culturelle et politique que l’on ouvre.
AA : On voulait aussi démocratiser et populariser le théâtre classique en le rendant moderne. Car aller vers le classique demande souvent un effort aux gens, or on a tout de suiteété surpris et touchés par l’engouement de cette jeunesse pour la pièce. C’est un public qui veut aller au théâtre !
Le retour du public qui vous a le plus touché ?
AA : J’ai été marquée récemment par un petit de 10 ans. Je pensais que c’étaient ses parents qui l’avaient emmené voir la pièce alors que c’était l’inverse ! Il était passionné de Molière, c’était très drôle.
FB : Les « waouh, merci de faire une pièce qui nous ressemble ! » Ça c’est fort. Tout le monde se sent représenté. Ce spectacle, c’est la France !
À l’attention de nos lecteurs et de vos futurs spectateurs : « Préparez-vous à… »
AA : rigoler !
FB : être secoués par cette belle équipe ! C’est une aventure humaine extraordinaire avec de jeunes acteurs talentueux. On espère modestement ouvrir une voie et voir ce spectacle aller loin.
À l’Apollo Théâtre à partir du 17 octobre 2025.
Mélina Hoffmann




