LE COMPLEXE DES INSÉPARABLES


Interview

Le complexe des inséparables

Interview de Paul Belmondo et Alexandra Vandernoot

Par Manon Dié

Ils sont beaux, amoureux, inséparables… presque trop.

Dans « Le Complexe des inséparables », la perfection d’un couple devient le point de départ d’une mécanique comique aussi précise qu’imprévisible. Sur scène, Alexandra Vandernoot et Paul Belmondo incarnent ce duo à la fois drôle, touchant et délicieusement décalé.


La pièce part d’un couple « trop heureux », presque suspect. Comment rendez-vous cette « perfection » crédible sur scène sans tomber dans la caricature… ni dans l’ennui ?

Alexandra Vandernoot : La perfection ne dure pas très longtemps… Très vite, cela devient joyeux bazar, avec de nombreux quiproquos. Et puis, entre Paul et moi sur scène, c’est déjà un couple parfait, non ?

Paul Belmondo : En essayant d’être le plus sincère possible, même si les rôles poussent à la caricature. L’ennui n’est pas au programme de cette comédie !

La mise en scène est très rythmée, presque cinématographique. Est-ce que cette précision vous rassure… ou vous contraint parfois dans le jeu ?

A.V : Le rythme est capital pour une comédie. Après de bonnes répliques, c’est la condition essentielle pour qu’elle fonctionne. Personnellement, je ne ressens aucune contrainte… d’autant que je suis plutôt hyperactive !

P.B : Je fais toujours confiance aux metteurs en scène. J’aime le côté cinématographique, et le rythme apporte une vraie dynamique dans le jeu, ce qui plaît aux comédiens.

Tout dérape à partir d’une décision absurde : “faire comme les autres”. Selon vous, vos personnages sont lucides… ou complètement à côté de la plaque ?

A.V : Fabienne cherche une reconnaissance sociale qu’elle pense ne pas avoir. Elle veut être moderne, “dans le coup”… et je trouve ça touchant. Paul, lui, est plus mesuré et se laisse embarquer par amour.

P.B : Mon personnage est à côté de la plaque, en décalage total avec la société, mais en même temps très lucide de l’amour qu’il porte à sa femme.


Qu’est-ce qui vous fait encore prendre du plaisir aujourd’hui sur scène ?

A.V : Eh bien, jouer une comédie, justement… C’est vraiment très valorisant de faire rire les autres… Ça fait du bien autant à nous qu’aux spectateurs. Le jeune auteur, Simon Bim, me l’avait envoyée en disant qu’il avait écrit le personnage en pensant à moi, c’est la première fois que ça m’arrive ! J’espère maintenant être à la hauteur ! Et aussi retravailler avec Vincent Messager, qui a plein d’idées, est très bienveillant, et avec qui on rigole beaucoup.

P.B : Quand on aime la comédie, on ne se lasse jamais d’incarner de nouveaux personnages avec des partenaires différents et d’entendre la salle réagir en direct, c’est jubilatoire. J’aime le côté humain des troupes de théâtre.

« J’AIME LE CÔTÉ HUMAIN DES TROUPES DE THÉÂTRE »

PAUL BELMONDO

La pièce oscille entre absurde et vérité humaine. Quand faut-il arrêter de “jouer le comique” pour simplement être sincère ?

A.V : Je pense qu’il faut absolument être sincère tout le temps, il ne faut pas se focaliser sur jouer le comique, mais rechercher la vérité, et essayer de l’exprimer de façon “amusante”. Mais avant tout y croire, même aux situations les plus absurdes, et rester vrai malgré tout.

P.B : Oui il y a des passages où ce couple est dans l’absurde de la situation mais il reste très sincère et mon personnage revendique cette sincérité et accepte de suivre sa femme jusqu’au bout pour sauver son couple.

« IL FAUT ABSOLUMENT ÊTRE SINCÈRE TOUT LE TEMPS, MÊME DANS LES SITUATIONS LES PLUS ABSURDES »

ALEXANDRA VANDERNOOT

Après plusieurs semaines de représentation, est-ce que vous cherchez encore à vous surprendre… ou à affiner la précision ?

A.V : Même au bout de plusieurs semaines de représentations, le travail n’est pas fini, et au bout d’un mois, la pièce n’est pas tout à fait la même qu’au début des représentations. Donc oui, une recherche constante de précision, et pas une volonté absolue de se surprendre soi-même, mais parfois, oui, ça arrive.

P.B : Justement le Théâtre est un spectacle vivant et j’essaie au fil des représentations de faire évoluer mon personnage en respectant toujours la volonté du metteur en scène.

Selon vous, est-ce que le public rit davantage de vos personnages… ou un peu de lui-même ?

P.B : Je crois des deux bien sûr ! Dans un premier temps il rit de la comédie car les personnages sont drôles mais il rit également du reflet de notre société qui par ricochet le renvoie devant un miroir.

A.V : Ça c’est une question qu’il faudra lui poser ! mais je dirais les deux, mon général ! Il se retrouve forcément dans les personnages.

APOLLO THÉÂTRE

À partir du 16 mai

Social Network Integration by Acurax Social Media Branding Company
Visit Us On LinkedinVisit Us On Instagram