Morgane Berling
Morgane Berling signe son premier spectacle solo avec une énergie communicative et un humour plein de cœur. Entre récits intimes, observations sur la vie quotidienne et personnages hauts en couleur, elle explore avec finesse le passage à la vingtaine et les expériences universelles qui façonnent nos vies. Un spectacle drôle, sincère et touchant à ne pas manquer !
Sur Instagram, vous vous décrivez comme “comique” selon votre mère, « comédienne » selon votre égo. Mais qui est Morgane Berling et quel est votre parcours ?
Le tout début commence dans l’enfance, comme pour beaucoup : des spectacles dans ma chambre, devant mes parents – trop souvent d’ailleurs !
Rapidement, j’ai fait du théâtre sur les conseils de ma famille. Après, j’ai passé un bac L spécialité théâtre,et puis je suis allé à la fac… quand j’ai vu que j’étais plus à la cafétéria que dans les amphis, j’ai compris que ça n’était pas pour moi ! Donc j’ai pris une année pour me lancer. J’ai fait des petits boulots comme serveuse, caissière… Et j’écrivais des blagues. C’est là que j’ai rencontré Étienne Gachet, mon co-auteur. On a écrit un premier spectacle et puis le Covid a tout stoppé. Quand la vie a repris son cours, on l’a laissé tomber car le spectacle ne me parlait plus – deux ans avaient passé, et à 18 ans ça fait une énorme différence. On en a écrit un autre : celui que je joue aujourd’hui.
Votre spectacle raconte la vie d’une jeune femme de 24 ans. Quel est le fil rouge du spectacle ? Qu’est-ce qu’il était intéressant de raconter selon vous ?
Le fil rouge, c’est vraiment l’interrogation de « comment on fait pour devenir adulte ? », cette période d’entre deux un peu étrange de la vingtaine. J’avais le sentiment qu’on parlait beaucoup de l’adolescence, mais pas vraiment de cette période où tu prends dix ans en deux ans car tout change très vite. Pourtant, c’est un sujet universel : soit on l’a eu, soit on l’a, soit on va l’avoir.
Le spectacle s’adresse vraiment à tout le monde : j’ai autant des gens de mon âge que des parents ou des grands-parents qui viennent me voir et chacun reconnaît quelque chose de son expérience dans ce que je raconte. J’incarne aussi des personnages : il y a une maman bienveillante ; Catherine, une directrice de théâtre très “grande dame” qui représente ce que j’idolâtre mais ce que je ne suis pas, etc.
Je m’inspire de vraies personnes pour raconter ce que j’observe dans ma vie.
Comment s’est déroulée l’écriture avec votre co-auteur Etienne Gachet et la mise en place de ce premier spectacle ? Plus largement, à quoi ressemble votre processus de création : comment naissent vos idées, comment les façonnez-vous ?
Avec Etienne, on est un vrai binôme. Nous sommes amis et nous travaillons ensemble et, bien que nous ne soyons pas de la même génération, on s’entend sur les deux plans. Entre nous, le travail d’écriture est un jeu de ping pong : on s’entend sur un sujet, j’écris, je lui envoie, il ajuste, et inversement. On ne se voit jamais en vrai, même si on a essayé, car on passe plus de temps à parler qu’à travailler (rires).
Pour le spectacle, on a travaillé à l’inverse des standards du stand-up : on a écrit une heure entière d’un coup. Comme mon humour vient beaucoup du théâtre, je raconte une histoire, il y a une vraie narration. Ce n’est que dans un second temps qu’on a extrait des passages à jouer sur les plateaux d’humour.
Quelles ont été vos influences, artistiques comme personnelles, dans la construction de ce spectacle ? Y a-t-il des artistes, des œuvres, ou des expériences de vie qui ont particulièrement nourri votre travail ?
J’ai découvert Florence Foresti à 10 ans, ça a changé ma vie.
Avec Pierre Richard, ce sont mes deux grandes inspirations. Dans la nouvelle génération, il y a Panayotis Pascot, pour sa puissance d’écriture, et Laura Felpin, pour son talent d’incarnation de ses personnages.
Je suis aussi très inspirée par ma famille, mes parents : j’en parle dans le spectacle. Ils sont une source d’inspiration inépuisable, je pourrais écrire 12 spectacles uniquement sur eux !
Vous tournez ce spectacle depuis presque deux ans. Est-ce qu’il évolue avec le temps, avec les publics, les villes, ou même vos propres expériences de vie ?
En Janvier, le spectacle aura 3 ans donc il a évolué, bien sûr. Déjà parce que j’ai beaucoup évolué moi-même… entre temps je me suis mise à aimer les brunch et le vin rouge, est-ce que c’est pas un pas de plus vers le monde des adultes ça ? (Rires) Et puis Etienne m’accompagne sur chaque représentation : on prend des notes et on retravaille le texte en permanence, parfois ça se joue au mot ou à la virgule près pour trouver le bon rythme. Au fil du temps, on a supprimé des choses qui ne me parlaient plus, on en a réécrit des nouvelles, donné de nouvelles couleurs aux personnages. Depuis la rentrée, je propose une nouvelle version du spectacle et on a enfin trouvé un titre, après plus de 150 représentations (rires). Le public est différent chaque soir, donc c’est une redécouverte à chaque fois : j’invite d’ailleurs celles et ceux qui sont déjà venus à revenir !
Quelles sont les prochaines étapes pour vous ?
Paris, tous les mardis au Bo Saint Martin jusqu’à fin mars. C’est un sacré défi ! Avignon aussi, l’été prochain et entre-temps de la tournée, partout où on veut bien de moi (rires). Mon objectif le plus cher c’est de continuer à vivre de ce métier, car c’est une chance inouïe. Bien sûr, j’aspire à faire des salles de plus en plus grandes : retourner là où j’ai fait des premières parties comme la Bourse du Travail à Lyon par exemple, mais cette fois-ci pour mon spectacle. Mais surtout, je souhaite que ça dure le plus longtemps possible. Continuer de m’amuser, parce que c’est aussi pour ça qu’on fait ce métier.




