La comédie Bastille fait sa rentrée !

Comme chaque année, le mois de septembre à la Comédie Bastille est synonyme de nouvelles mises en scène hautes en couleur. Parmi les nouveautés de la rentrée, Le Malade imaginaire en La majeur: une adaptation du classique de Molière version comédie musicale, et Mission Planète : une comédie d’aventure pour enfants, questionnant le réchauffement climatique. Deux créations qui deviendront sans aucun doute des incontournables de 2019 !

Mission Planète

Judith Ejnes et Caroline Gaget (auteures)

Comment vous est venue l’idée de créer cette pièce ? comment le projet est-il né ?

la création de Mission Planète est née de deux envies. la première, écrire pour les enfants. la deuxième, parler d’écologie, un sujet qui nous tient à coeur depuis longtemps. Nous travaillons ensemble depuis plusieurs années comme comédiennes. Ce projet est notre première collaboration en tant qu’auteures.

Comment s’est déroulé le travail de coécriture ?

Étant comédiennes toutes les deux, nous savions déjà que nous allions interpréter les personnages de Charlie et Zoé. Nous avions très envie de partager la scène avec Alexandre Texier. Nous avons donc pu créer des rôles sur mesure et nous amuser avec les personnalités de chacun. Nous avons passé beaucoup de temps à discuter de ce que nous avions envie de défendre dans cette pièce.

Cette pièce traite de la lutte pour l’écologie. Est-il dur d’en parler avec les enfants ?

Pas du tout ! les enfants sont très réceptifs et curieux. Ils sont sensibles au sujet de l’écologie et heureux qu’on leur en parle de manière légère. On ne s’attendait pas à ce qu’ils soient autant pris par l’histoire de Mission Planète. les moments d’interactivité du spectacle sont de vrais moments d’échange, drôles et surprenants.

Qu’avez-vous pensé de la mise en scène de Nathalie Hardouin ?

Nathalie Hardouin a eu un coup de coeur pour le spectacle dès la première lecture. elle est arrivée en répétition pleine d’idées et a apporté un vrai univers visuel au spectacle. elle a imaginé un décor majoritairement fait à partir de matériaux recyclés. sa grande expérience de la mise en scène de comédie apporte une vraie folie à Mission Planète.

le Malade Imaginaire en la Majeur

raphaël callandreau

Pourquoi avoir choisi d’adapter cette pièce de Molière en comédie musicale ?

Cela faisait longtemps que je souhaitais adapter un classique en musical, et cette comédie de Molière était – depuis la classe de cinquième – ma favorite. au-delà de sa perfection dramaturgique, du message fort sur notre société et ses mensonges, on y trouve de grands numéros qui offrent une jouissance proche de celle des comédies musicales façon Broadway. La « leçon de chant », la présentation des Diafoirus, les incantations maléfiques de Purgon, la scène du poumon, c’était déjà du « show » ! la pièce était jadis une comédie ballet, elle n’appelait qu’à devenir un « musical ». enfin, j’avais très envie de travailler avec Rosy Pollastro, Cécile Dumoutier, Arnaud Schmitt et Simon Froget-Legendre, qui sont des artistes complets en plus d’être des humains adorables.

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre travail d’adaptation ?

D’emblée je me suis imposé une règle d’or : pas d’anachronisme littéraire. J’ai travaillé, pour l’écriture des paroles de chansons, à m’exprimer dans le vocabulaire de Molière. le public, à la sortie, n’est pas capable de déceler quelle est la seule chanson dont les vers sont réellement d’origine. l’effet d’illusion fonctionne donc, tout comme le merveilleux travail sur les costumes créés par Juliette du Pont de Romémont : on est sur une esthétique d’aujourd’hui, mais chaque tissu, chaque détail, peut ramener le spectateur à l’époque de louis XIV. ensuite, il fallait que l’apparition du chant soit toujours justifiée. les moments chantés sont ceux qui le sont « presque déjà » dans la pièce d’origine.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans le travail de Molière ?

C’est très vaste… J’ai surtout la sensation que son écriture était intransigeante, même dans la farce. avec l’équipe du Malade, on se dit souvent que si Molière fréquentait les salles de spectacle d’aujourd’hui il se reconnaîtrait complètement dans une adaptation comme la nôtre, vivante et impertinente. c’est ce qui fait l’intérêt profond du théâtre. J’aime reprendre le principe du « cheval de Troie » que représentaient à l’époque ce que l’on appelait des « pièces d’agrément » : il s’agissait pour la troupe de l’auteur de divertir le peuple comme la noblesse pour mieux faire passer une critique forte voire un message contestataire.

En quoi la pièce est-elle encore actuelle en 2019 ?

Pendant le travail à la table, et pour l’écriture des parties chantées, on s’est demandé ce que sont devenus au XXIe siècle les médecins et apothicaires du XVIIe. On ne pense pas qu’il serait très pertinent de moquer les généralistes d’aujourd’hui, dont le travail est plus souvent un don de soi généreux qu’une histoire de charlatanisme comme c’était souvent le cas à l’époque. en revanche, les profits derrière l’industrie pharmaceutique et parapharmaceutique posent de vraies questions. a travers des chansons swing, rumba, funky, faisant écho aux trente glorieuses, à la publicité et à l’avènement d’une société de surconsommation, quelques touches de réflexions, glissées dans les paroles, sur notre soumissions à « celui qui sait » ou au « produit qui marche » offrent un pont et un effet miroir avec la société de Molière

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