Michel Boujenah dans « L’Avare »

« harpagon est terriblement humain »

À partir du 15 octobre, vous pourrez vous délecter d’une toute nouvelle adaptation d’un immense classique du répertoire français, au théâtre des Variétés : « l’avare » de Molière. Cette mise en scène très réussie, signée Daniel Benoin, est portée par un Michel Boujenah au sommet de sa forme. Une pièce à la folie terriblement moderne.

Un grand classique toujours très actuel

dans un monde où l’argent est roi, où tout est à vendre, L’Avare de Molière reste terriblement d’actualité. Créée en 1668, alors que Molière a déjà fait ses armes, la pièce questionne les tensions et les désirs liés à la possession de richesses et se moque des paranoïas d’un bourgeois qui va mal, persuadé que tout le monde le vole. Elle expose aussi le déchirement d’une famille, les conflits de génération et la perversion des rapports humains face à l’avidité. Des sujets qui font toujours sens aujourd’hui et qu’il est intéressant d’analyser sous la plume de Molière, qui résonne haut et fort.

La mise en scène effrénée de Daniel Benoin

Tout comme la pièce de Molière, la mise en scène de Daniel Benoin est pleine d’une folie mordante, oscillant sans relâche entre le comique et le tragique. La violence des rapports humains et la perversion des êtres sont superbement galvanisées par les comédiens, pleins de fougue et d’énergie. La réussite de la pièce tient aussi à la scénographie de Jean-pierre Laporte, alimentée par des vidéos de Paulo Correia. elle récrée le décor d’une maison qui tombe en ruine, où tout semble sur le point de s’écrouler,
comme les personnages eux-mêmes.

Michel Boujenah, au sommet de sa forme

Michel Boujenah est absolument saisissant dans cette version de L’Avare. il lui suffit d’une perruque et d’une redingote noire pour incarner à la perfection les tensions insaisissables d’Harpagon. Comme il le dit lui même, le personnage est « passionnant d’un point de vue psychologique, psychanalytique »… et il le lui rend bien ! son jeu, tour à tour enragé et fragile, donne à voir toutes les facettes du personnage et, surtout, laisse découvrir l’humanité qui se cache derrière la monstruosité d’un être détestable. Un beau pari relevé !

Au théâtre des Variétés à partir du 15 octobre.

Par Lola Bourdeaux

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