LA ZONE INDIGO
Dans une France totalitaire, un cachalot échoué équipé d’enregistreurs devient le point de départ d’un thriller haletant. Avec La Zone Indigo, Mélody Mourey signe une dystopie vibrante, où une équipe de chercheurs idéalistes tente de résister à la mort annoncée de la démocratie. Entre science, espionnage et urgence écologique, le spectacle imagine un futur si proche qu’il fait frissonner — et donne furieusement envie d’y plonger.
La Zone Indigo se déroule dans une France tombée dans le fascisme.
Qu’est-ce qui vous a poussé à imaginer cette dystopie ?
Ce qui se passe aux Etats-Unis arrive souvent quelques années plus tard en Europe, c’est le point de départ de ce spectacle. La France a basculé : les subventions à la science ont été coupées, des mots tels que « minorités » ou « crise écologique » sont interdits, les droits des femmes reculent, et la vérité devient de plus en plus difficile à reconnaître…
Le point de départ est l’échouage d’un cachalot équipé d’enregistreurs.
Pourquoi avoir choisi cet élément à la frontière entre science, espionnage et imaginaire ?
Les recherches actuelles sur la communication des cachalots sont passionnantes. Des chercheurs pensent pouvoir traduire leur langue dans les années à venir. Peut-être que les comprendre nous aiderait à renouer avec le reste du vivant, à considérer les autres animaux comme des semblables un peu différents. C’est l’espoir de nombreux scientifiques, et c’est celui de mes personnages.
Vos personnages sont décrits comme des idéalistes dont les rêves ont été brisés. Comment les avez-vous construits et qu’est-ce que vous souhaitez raconter à travers eux ?
J’aime créer des personnages avec lesquels je voudrais être amie. Dans cette histoire, l’héroïne, Cléo Marson (jouée par Ariane Brousse), et les membres de son équipe, sont plutôt cyniques et misanthropes. Mais ils vont tous, à leur manière, chercher une façon de résister, quitte à provoquer une crise mondiale.
L’un des personnages est lié à Big Mother, votre précédent spectacle nommé 5 fois aux Molières 2023. Pourquoi avoir décidé de créer cette continuité entre vos œuvres ?
Les deux histoires sont indépendantes mais partagent un sujet commun : la mort de la démocratie. Une mort qui sert des intérêts particuliers… notamment ceux du personnage incarné par Guillaume Ducreux depuis Big Mother, un roi de la Silicon Valley qui prend le monde pour son terrain de jeux.
Le spectacle est porté par une mise en scène riche : la lumière, la scénographie, la vidéo et la musique créent un monde palpable. Comment avez-vous réussi à définir cet univers ?
Mes inspirations sont les films et les séries que j’adore : Premier Contact, Don’t look up, La servante écarlate… L’équipe de création est la même que pour Big Mother. Nous avons imaginé ensemble un univers dystopique très proche de notre monde actuel. Il ne s’agit pas d’un futur lointain mais de ce qui pourrait selon moi advenir dès demain.
Quelle place souhaitez-vous que le public occupe dans ce récit ?
Spectateur inquiet ? Témoins ? Acteurs potentiels de résistance ?
J’espère que les spectateurs partageront les émotions que l’on ressent en ce moment en répétitions avec Azad Boutella, Ariane Brousse, Guillaume Ducreux, Olivier Faliez, Marie Montoya et Lara Tavella, les acteurs et actrices du spectacle… On a hâte !
À partir du 30 janvier 2026, au Théâtre des Béliers Parisiens.
Par Caroline Guillaume




