Le diner de cocus, Interview de Jacques Gay
Interview • Théâtre des Deux Ânes
Le Dîner de Cocus
Rencontre avec Jacques Gay
Avec Le Dîner de Cocus, mensonges en cascade, quiproquos, musique et rythme millimétré composent une joyeuse mécanique de boulevard où chacun finit par être pris à son propre jeu. Rencontre avec Jacques Gay.
Par Caroline Guillaume
Comment est née l’idée du Dîner de Cocus et de ce premier mensonge qui va faire basculer toute la soirée ?
Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous lancer dans l’aventure du Dîner de Cocus ?
Après nos précédents spectacles (La Diva et le Toreador, Attention, Maîtres Chanteurs), on avait envie, avec Raphaëlle Farman, de revenir à notre premier amour de jeunesse : le théâtre de boulevard classique, style Au théâtre ce soir, avec des figures comme Jacqueline Maillan ou Jean Le Poulain.
L’idée était de faire une vraie pièce de boulevard, tout en gardant notre ADN musical. Pour le mensonge de départ, c’est le grand classique du mari pris au téléphone avec sa maîtresse qui fait croire à sa femme qu’il s’agit d’un collaborateur… sauf que la femme demande à le rencontrer et que ce fameux collaborateur s’avère être son propre amant à elle !
Mensonges, secrets, quiproquos… qu’est-ce qui vous amuse le plus dans cette mécanique où chaque révélation vient rebattre les cartes ?
C’est l’engrenage ! Un mensonge en entraîne un autre, et on se retrouve pris au piège façon « sparadrap du Capitaine Haddock ». Ce qui m’amuse aussi en tant qu’auteur, c’est la duplicité des personnages. Personne n’est tout à fait parfait ni tout à fait détestable : il y a toujours une part d’humanité chez quelqu’un d’épouvantable, et un petit penchant plus bas chez quelqu’un de merveilleux.

Comment fait-on pour rendre crédibles des situations de plus en plus improbables sans perdre le public ?
C’est un travail d’écriture d’une rigueur absolue : il ne faut aucune incohérence ni détail contradictoire d’une scène à l’autre. Tout repose sur la mécanique et le rythme. Et puis, même si les situations sont poussées à l’extrême, la réalité dépasse souvent la fiction dans la vie de tous les jours !
« Faire rire demande une rigueur extrême : une réplique ou un regard, c’est drôle ou pas à une demi-seconde près. »
Comment avez-vous travaillé avec toute la troupe pour trouver le rythme et la complicité indispensables à cette succession de rebondissements ?
Sur les six personnes de la troupe, cinq se connaissaient déjà très bien, et nous avons intégré Nancy Lois qui s’est tout de suite fondue dans l’esprit et l’énergie du groupe. Venant de la musique et de formations très exigeantes, on aborde le comique avec une précision chirurgicale. Faire rire demande une rigueur extrême : une réplique ou un regard, c’est drôle ou pas à une demi-seconde près. Il n’y a pas d’improvisation, c’est un travail de précision.

Qu’est-ce qu’une comédie de boulevard « moderne » représente pour vous aujourd’hui ?
Pour nous, la modernité vient d’abord de l’intégration de la musique au sein de la mécanique de boulevard, ce qui apporte de la variété, de l’émotion et de l’humour. Mais c’est aussi le fait de dépoussiérer le genre en le jouant avec la même exigence théâtrale et la même discipline que si l’on montait un Molière, un Shakespeare ou un Racine, sans jamais le traiter par-dessus la jambe.
Qu’êtes-vous chacun curieux de découvrir dans les réactions du public face à cette comédie ?
On a surtout hâte de voir si le public va basculer immédiatement avec nous dans cet engrenage et se laisser emporter par le rythme. Notre objectif est qu’ils passent un moment de rigolade absolue, sans prise de tête, et qu’ils ressortent de la salle avec un grand sourire aux lèvres !

Infos pratiques
Le Dîner de Cocus
Interview de Jacques Gay
Théâtre des Deux Ânes
Jusqu’au 2 janvier 2027




