THÉATRE À VENDRE

Théâtre à vendre
Interview de TEX
Par Mélina Hoffmann
Dans « Théâtre à vendre », écrite par Christian Faviez et mise en scène par Tex lui-même, trois comédiens se retrouvent après quarante ans de parcours séparés : Juliette Degenne, Denis Cherer et Tex, qui signe aussi le rôle principal.
Sur la scène d’un théâtre menacé de disparaître, ils font le bilan de leurs vies, de leurs choix, de ce qu’ils ont sacrifié ou gagné. Et quelque part entre les répliques, Molière, Shakespeare et Rostand s’invitent dans la conversation. Une « classi-comédie » vivante et ludique, qui place le théâtre lui-même au cœur du spectacle.

Pouvez-vous nous présenter Théâtre à vendre ?
Il s’agit d’une « classi-comédie ». On y suit trois comédiens qui se retrouvent après quarante ans de parcours différents, et font le bilan de leur vie. L’un est resté dans le théâtre classique, l’autre a fait de la télévision pour gagner sa vie, et la troisième a suivi d’autres chemins, entre chanson et télé-réalité. Mon personnage est celui qui a le mieux réussi financièrement, et il les réunit dans un théâtre pour leur annoncer une nouvelle importante : le lieu est à vendre et pourrait devenir un parking. La pièce joue avec tous les codes du théâtre, comme le quatrième mur, le rideau ou encore la place du public. Et elle fait aussi entrer Molière, Rostand, Shakespeare ou Diderot dans l’intrigue puisque, presque machinalement, en se parlant, ils citent les auteurs et font résonner leurs œuvres. C’est très ludique, très vivant.
« LA PIÈCE JOUE AVEC TOUS LES CODES DU THÉÂTRE, COMME LE QUATRIÈME MUR, LE RIDEAU OU ENCORE LA PLACE DU PUBLIC. »

Qu’est-ce qui vous a donné envie de rejoindre cette aventure ?
J’ai trouvé le texte très bien écrit et très jouissif à jouer. Je connais bien l’auteur, et j’avais envie depuis longtemps de me frotter à la mise en scène, mais aussi de m’impliquer davantage dans la production. Ce qui m’a plu ici, c’est justement de construire ce projet de façon très collective.
C’est votre première mise en scène ?
Oui, mais cela s’est fait assez naturellement. Je viens du one-man-show, j’ai joué 5 000 fois mon spectacle, et quand on joue seul pendant des années, on devient forcément son propre metteur en scène. On se remet en question tous les soirs, on ajuste, on affine. Cette exigence-là, c’est déjà une école de mise en scène, et je continue à beaucoup apprendre et à m’amuser.
La pièce parle aussi, en creux, de la fragilité des lieux culturels. Le théâtre reste-t-il un lieu à défendre ?
Je pense surtout qu’il doit savoir s’adapter. On voit bien que la fréquentation change, que les habitudes évoluent, donc le théâtre doit continuer à se réinventer. Ce qui me réjouit, en tout cas, c’est l’idée de créer cette pièce à Paris, de la jouer à Avignon cet été puis, je l’espère, de la faire vivre ensuite en tournée.
« J’AIMERAIS QUE LE PUBLIC SE LAISSE SURPRENDRE PAR CE NOUVEAU GENRE, QU’IL SE DISE :
TIENS, ON N’AVAIT JAMAIS VU ÇA. »
Avec quelle impression aimeriez-vous que les spectateurs repartent ?
J’aimerais que le public se laisse surprendre par ce nouveau genre, qu’il se dise : « Tiens, on n’avait jamais vu ça. » Au théâtre, on éteint son portable, on laisse filer son imagination, et c’est devenu rare. Il y a quelque chose de très précieux là-dedans.
Et dans cette pièce, en plus, on joue dans un théâtre presque nu : c’est vraiment le théâtre lui-même qui est au centre.
Jeudis et vendredis à 19h30
Du 26 avril au 19 juin




