L’EMPEREUR DES BOULEVARDS

Ou l’incroyable destin de Georges Feydeau

Épopée théâtrale où se mêlent la musique, le chant et la danse, « L’Empereur des boulevards » vous entraîne dans le Paris mythique de la Belle Époque, sur les pas de Georges Feydeau. Rencontre avec Olivier Schmidt, comédien, auteur et metteur en scène de ce chef-d’oeuvre instructif et bouleversant.

Parlez-nous de votre parcours artistique…

J’ai commencé la danse classique quand j’étais enfant, et j’ai pratiqué cet art durant de nombreuses années. Mais très vite, le besoin d’être polyvalent s’est fait sentir. Ainsi, j’ai bifurqué vers le chant et le théâtre. J’ai intégré plusieurs écoles en France, et j’ai fini par monter ma propre compagnie en 2008.

Feydeau occupe une place particulière au sein de votre carrière, comment s’est opérée votre rencontre avec le dramaturge ?

C’est avec la comédie Le Dindon, mise en scène par Thomas Le Douarec, que j’ai découvert l’artiste. J’avais cinq ans, pourtant je m’en souviens parfaitement, ça a été un choc. Je n’étais pas encore capable de comprendre les subtilités du texte, mais le côté guignolesque de la pièce m’a spontanément accroché.

Racontez-nous la genèse de L’Empereur des boulevards

L’envie d’écrire ce spectacle est née en 2019, alors que nous jouons Monsieur Chasse au festival d’Avignon avec la compagnie Les Joyeux de la Couronne. Nous avons réalisé qu’aucune oeuvre théâtrale ne racontait la vie du maître du vaudeville, pourtant omniprésent sur la scène française. J’ai donc décidé de m’intéresser à son histoire, de mettre en parallèle sa réussite flamboyante avec son destin tragique. Comprendre la dualité entre l’auteur à succès et l’homme infiniment triste qui se cache derrière m’a passionné.

Comment vous êtes-vous documenté ? Quelle est la part de réalité et de fiction ?

La biographie rédigée par Henry Gidel, ainsi que les témoignages de personnalités comme Sacha Guitry, Yvonne Printemps, ou encore Sarah Bernhardt, ont constitué de précieuses sources d’inspiration. Tout ce qu’on raconte est vrai, et la ligne chronologique est respectée. Nous avons pris une seule liberté, avec l’élaboration d’un personnage de travesti, qui incarne toutes les contradictions de Feydeau. Volontairement théâtral et dramatique, ce protagoniste se change peu à peu en ange de la mort ; synthèse des démons que l’écrivain a dû affronter.

Quelles surprises nous réserve la bande originale de la pièce ?

L’Empereur des boulevards est pensé comme un saut dans le temps, une immersion dans l’atmosphère de la Belle Époque. On retrouve donc la musique d’Offenbach, mais aussi des chansons grivoises qui font partie d’un répertoire moins connu. La bande-son est, par ailleurs, composée de créations inédites, réalisées par notre pianiste Justine Verdier.

« COMPRENDRE LA DUALITÉ ENTRE L’AUTEUR À SUCCÈS ET L’HOMME INFINIMENT TRISTE QUI SE CACHE DERRIÈRE M’A PASSIONNÉ »

La dimension esthétique joue un rôle essentiel dans le spectacle…

Tout se passe dans les coulisses d’un théâtre, c’est une mise en abîme permanente. Le plateau, nu au départ, s’habille au fur et à mesure qu’on avance dans l’intrigue. À la veille de sa mort, Feydeau, seul dans les loges, est visité par tous les hommes qui ont jalonné son histoire. Sept comédiens incarnent une trentaine de personnages et enfilent plus de cent costumes. L’univers visuel est très riche et chaque détail a son importance.

Une merveilleuse cohésion unit les membres des Joyeux de la Couronne…

Une rencontre au sein d’une troupe doit être artistique bien sûr mais surtout humaine. Notre chance est d’avoir réussi à créer une famille de théâtre. L’alchimie entre nous s’est faite naturellement, de manière évidente et incontrôlée.

Quelles émotions souhaitez-vous procurer au public ?

La pièce commence dans une légèreté festive et s’achève dans une ambiance plus sombre, on navigue entre comédie et drame. Nous avons à cœur d’offrir une large palette d’émotions au spectateur, qu’il passe du rire aux larmes, de l’amusement à la réflexion.

Des projets à venir ?

Nous allons partir en tournée avec L’Aigle Prodige ; un spectacle hommage au danseur classique Rudolf Noureev. Nous travaillons également à l’adaptation du cantique de Noël de Charles Dickens qui sera notre premier spectacle jeune public.

Du 5 au 30 juillet au Studio Hébertot.

Par Marie-Lys de Cerval